SkiDebrief célèbre un hiver record en station

A défaut d’un hommage à Gérard Mattis qui était pourtant à l’origine de la création de SkiDebrief, l’UESC a présenté dans le cadre du salon Mountain Planet à Grenoble un bilan très positif de l’hiver 2025-26. Avec 2,5% d’occupation des hébergements supplémentaire, une fréquentation des domaines skiables en hausse de 1 %, une hausse de 2,18 % des heures de cours à l’ESF et un chiffre d’affaires des magasins de sport progressant de 6 %, les différents acteurs de la filière confirment la résilience du modèle économique du ski. Si chaque profession a son propre indicateur et sa propre unité de mesure, il ne fait aucun doute que les clients skieurs continuent à venir en montagne et continuent à fréquenter les stations françaises. « Il n’y a pas d’homogénéité sur nos massifs, mais on sort d’une bonne saison trustée par les Alpes du Sud et les Pyrénées, avec un fort enneigement qui a boosté la fréquentation. Au global, on reste sur une progression du nombre de journées skieurs de 1% », souligne Anne Marty, présidente de Domaines Skiables de France (DSF). Le secteur nordique n’est pas en reste avec un chiffre d’affaires de 13,9 millions d’euros (+2 %) et 2,8 millions de journées skieurs. « Chez nous aussi, les Pyrénées ont fait un très beau chiffre d’affaires (+10%). Les Alpes du Sud (+17%) sont revenues quasiment à une saison identique à la saison du Covid en termes de chiffre d’affaires. On est plutôt très satisfait. Nous avons eu cette année des problèmes de riches avec parfois un enneigement exceptionnel qui a causé quelques difficultés à nos techniciens », affirme Marine Michel présidente de Nordic France.
Du côté des hébergeurs, l’occupation globale grimpe à 73 % (+2 points) selon les chiffres de l’Observatoire de l’Association des Maires des Stations de Montagne, avec des pics à 86 % durant les vacances de Noël. « La montagne reste très attractive et nous l’avons encore vu cet hiver. On peut se réjouir d’avoir eu un hiver très enneigé. Je dois saluer le travail des sociétés des remontées mécaniques », précise Patrick Provost, représentant de l’ANMSM. « Le mois de janvier, depuis quelques années, est en progression. Et c’est encore le cas cette année. Cette période progresse encore de 3 points avec 67% de fréquentation. Les vacances de février sont une déception. Cela tient surtout à l’organisation du calendrier scolaire. Le retard était attendu et annoncé dès l’automne », poursuit Patrick Provost. La bonne surprise de cet hiver réside dans la performance du mois de mars avec une météo favorable et un week-end de Pâques précoce. De son côté, l’ESF enregistre une hausse globale de 2,18 % des heures de cours, portée par la Haute-Savoie et les Alpes du Sud. À noter que 53 % du chiffre d’affaires de l’école se fait désormais en ligne, facilitant l’anticipation des effectifs pour les écoles. « Nous sommes sur une masse d’à peu près 4,7 millions d’heures de cours de ski, un chiffre en progression de 110.000 heures sur un an », précise Éric Breche du Syndicat National Moniteurs Ski Français SNMSF.

En croissance de 6% sur un an, le secteur du commerce de sport de station affiche la plus grosse progression avec un pic à 9 % dans les Alpes du Sud et à 13% dans les Pyrénées. « Nous pouvons nous réjouir du côté positif des chiffres qui sont globalement de bons signes pour l’avenir de nos stations et de nos montagnes. Mais, malheureusement, la traduction du chiffre d’affaires dans le business de nos entreprises, aussi bien fabricants que distribution, n’est pas toujours synonyme de hausse de rentabilité. La distribution fait toujours preuve de prudence sur ses investissements. Cela se traduit du côté des fabricants par un peu plus de difficultés. Il ne faut pas oublier que les coûts de production, les coûts de matière et les charges augmentent. Pour les magasins, le coût du logement saisonnier représente pratiquement 25% de la masse salariale. La hausse des coûts va plus vite que l’augmentation du chiffre d’affaires. Il faut rester prudent et piloter notre activité avec de plus en plus de rigueur et de sérieux. Nous avons une marge de manœuvre qui est extrêmement délicate », explique Jerome Camps, président de la commission montagne UESC. Un discours plus en phase avec la réalité du terrain et qui avait pour but de répondre aux craintes formulées par les marques à la vue du niveau des commandes pour l’hiver prochain…

