La Fevad dévoile ses « Chiffres clés du e-commerce »

À l’occasion de son Assemblée générale qui s’est tenue le 1er juillet, la Fevad a présenté l’édition 2026 des « Chiffres clés du e-commerce ». Cette publication annuelle dresse un état des lieux du secteur à partir des données recueillies auprès des principaux acteurs du marché, de panels de consommateurs et de plusieurs instituts partenaires. « Avec près de 200 milliards d’euros de chiffre d’affaires, plus de 3,2 milliards de transactions et 42,2 millions de cyberacheteurs, le e-commerce confirme sa place dans le quotidien de tous les Français et entre désormais dans une nouvelle phase de transformation portée par l’intelligence artificielle », précise l’étude. En 2025, le e-commerce français a réalisé 196,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires, un chiffre en progression de 7 %, malgré un contexte politique et économique incertain. Après plusieurs années marquées par l’inflation, les ventes de produits retrouvent une dynamique de croissance (+ 4%), signal particulièrement encourageant, tandis que les services poursuivent leur progression soutenue (+ 9 %). « Cette évolution est avant tout portée par l’accélération des usages : les Français achètent plus fréquemment en ligne avec 3,2 milliards de transactions enregistrées sur l’année, soit une hausse de + 11 %. Avec une part désormais estimée à 12 % du commerce de détail, le e-commerce confirme son rôle structurant dans le commerce français. Plus qu’un secteur, il s’impose désormais comme un mode de consommation durablement ancré dans le quotidien des Français et continue de se développer en renouvelant sans cesse ses usages et ses services », indique la Fevad. Les cyberacheteurs (80 % des Français âgés de 16 à 74 ans) réalisent désormais 75 achats par an en moyenne pour une dépense annuelle de 4.657 euros. « Cette progression s’accompagne d’une diversification des usages, du développement des parcours multicanaux et d’une montée en puissance du smartphone comme outil d’achat ». Près d’un cyberacheteur sur trois utilise déjà l’intelligence artificielle dans son parcours d’achat, principalement pour rechercher des informations, comparer des produits ou préparer sa décision d’achat. Parmi les utilisateurs réguliers d’IA, ce chiffre monte à près de 3 sur 4. Ce bouleversement extrêmement rapide fait de l’intelligence artificielle l’un des principaux moteurs de transformation du commerce en ligne. « Les chiffres de cette édition montrent que le e-commerce est aujourd’hui bien plus qu’un secteur : c’est un mode de consommation durablement ancré dans le quotidien des Français, qui continue de se réinventer au rythme des innovations. Mais le fait marquant de cette année est sans doute ailleurs : l’intelligence artificielle transforme déjà profondément notre secteur. En quelques années seulement, elle est en train de redéfinir les parcours d’achat, les métiers et les modèles économiques. Plus que jamais, disposer de données fiables est indispensable pour comprendre ces mutations et accompagner l’ensemble des acteurs de la filière », déclare Marc Lolivier, délégué général de la Fevad.

A noter que la Fevad s’oppose à la nouvelle loi visant à réduire l’impact environnemental de l’industrie textile. La fédération s’alarme des effets de l’article 1er bis AA, qui impose d’indiquer les lieux de fabrication (tissage, teinture, confection) du produit à proximité du prix, dans des caractères de même taille, sur tous les sites de vente en ligne. « Cette disposition va produire l’effet inverse de celui recherché : imposer de nouvelles contraintes immédiates aux entreprises établies en France, sans garantir leur application effective aux plateformes d’ultra fast fashion opérant depuis l’étranger. Cette mesure avait été notifiée à la Commission européenne il y a plusieurs mois, qui avait souligné, dans son avis, les risques de non-conformité avec le droit européen. La Fevad a également alerté à plusieurs reprises le Gouvernement sur les risques que comporte ce dispositif. Pourtant, cette disposition a été maintenue dans le texte adopté et devrait entrer en vigueur dans les prochains jours, dès la promulgation de la loi », regrette la fédération qui évoque une insécurité juridique majeure pour les entreprises françaises de vente de produits d’habillement. « Elles devront mobiliser, dans des délais très courts, des ressources importantes pour adapter leurs systèmes d’information, leurs fiches produits, leurs interfaces de vente en ligne et leurs procédures de conformité. Dans le même temps, les plateformes comme Shein ou Temu, établies dans un autre État membre de l’Union européenne, notamment en Irlande, pourront se prévaloir du droit européen pour contester l’application de ces obligations ». La Fevad demande aux autorités françaises de notifier l’article 1er bis AA à la Commission européenne, afin de différer son entrée en application de trois mois dans l’attente d’une clarification.

