L’UESC a tenu son congrès à Paris

A l’occasion de son 10e anniversaire, l’Union des entreprises du sport et du cycle a organisé ce 16 juin à Paris un congrès regroupant les acteurs de la filière. « C’est un moment important qui nous permet de nous retrouver et de rappeler les messages que l’on souhaite défendre. Ce 10e anniversaire est évidemment l’occasion de réaffirmer l’ambition qui doit être la nôtre pour les prochaines années et de repartir sur un nouveau cycle en assumant une organisation forte et influente », a indiqué Grégory de Radigues, le président du syndicat patronal. Virgile Caillet, délégué général de l’UESC, a, comme à son habitude, mis en avant quelques chiffres. « Près de neuf Français sur dix disent être au moins un peu intéressés par le sport. Ce qui nous intéresse essentiellement, ce sont les deux tiers qui disent être très ou assez intéressés par le sport. Oui, le sport est un sujet du quotidien pour les Français, que ce soit le sport qui se pratique ou que ce soit le sport qui se regarde. La pratique est en très forte hausse depuis les deux quinquennats qui viennent de se dérouler. On est aujourd’hui quasiment à 35 millions de Français qui déclarent avoir une activité physique et sportive régulière. Une étude qui a été réalisée par la branche des métiers du sport rappelle que le sport n’est pas une dépense. A nous de réaffirmer ce point : 1 euro investi dans le sport, c’est plus de 10 euros de gains socio-économiques pour la collectivité ». Un discours que le syndicat entend marteler aussi longtemps que nécessaire. « Notre objectif est de peser dans les décisions publiques. Nous avons la chance de travailler dans un beau secteur, dans un secteur qui met les Français en mouvement. C’est un élément de fierté. Et en miroir, nous observons une frustration. Nous sentons tous que la considération de l’activité physique en France n’est pas encore où elle devrait être. On sent qu’il y a un décalage entre notre conviction et ce qui transparaît des politiques publiques, des décisions gouvernementales. Cela doit alimenter notre raison d’être », souligne Grégory de Radigues.
Avec les pouvoirs publics
Dans un message vidéo enregistré, la ministre des Sports, de la jeunesse et de la vie associative, Marina Ferrari a renouvelé sa confiance à l’UESC. « Le sport s’est bel et bien affirmé comme un secteur économique à part entière et cette dynamique collective est indispensable pour accompagner son développement. Nos PME et nos TPE représentent, vous le savez, une part essentielle de l’économie du sport en France. Elles innovent, elles créent des emplois, elles développent des solutions utiles sur tous les territoires et elles contribuent au rayonnement de notre savoir-faire. Leur place dans la filière devra être encore renforcée afin qu’elles puissent accéder plus facilement au marché, aux grands événements, aux opportunités internationales et aux dispositifs d’accompagnement. C’est un enjeu majeur pour les années à venir. A ce titre, je souhaite saluer l’engagement de l’Union Sport et Cycle, principale organisation professionnelle de la filière sport et loisirs. Vous rassemblez plus de 3.000 entreprises sur l’ensemble du territoire, à représenter 21 milliards d’euros de chiffre d’affaires cumulés et près de 100.000 emplois. Ces chiffres témoignent de la capacité de la filière à agir au service de l’intérêt général, car au-delà de leur activité économique, les entreprises du sport partagent une mission qui est essentielle : promouvoir et développer les activités physiques et sportives pour le plus grand nombre. Je salue l’action de l’Union Sport et Cycle, constamment mobilisée, aux côtés des pouvoirs publics pour nous aider à déployer des politiques sportives. En 2025, vous avez ainsi soutenu la première fête du sport et organisé la tournée « Le sport est essentiel » à travers six étapes sur le territoire pour encourager la pratique sportive et pour sensibiliser les Français à ses bienfaits. Et vous serez encore partenaire cette année du mois de l’activité physique et sportive en septembre prochain », s’est félicité la ministre qui a aussi mis en avant le bilan de l’opération Savoir Rouler à vélo. « Entre 2019 et 2025, la fréquentation des pistes cyclables a progressé de plus de 50% dans les grandes métropoles. Cette dynamique témoigne bien de l’évolution des usages et de l’appropriation croissante du vélo par les Français. Cette évolution est aussi le fruit des politiques publiques conduites pour développer la culture vélo dès le plus jeune âge. Je pense notamment au dispositif Savoir Rouler à vélo qui permet aux enfants d’acquérir des compétences nécessaires pour se déplacer en autonomie et en sécurité avant leur entrée au collège. Depuis son lancement en 2019, plus de 800.000 enfants auront bénéficié de ce programme. Pour 2025, près de 265.000 enfants auront à nouveau été formés, soit 94% de l’objectif fixé. En favorisant l’apprentissage à la pratique cyclable chez les plus jeunes, nous préparons aussi les mobilités de demain ». Marina Ferrari s’est également projetée vers 2030 et les JO d’hiver. « Après le formidable héritage des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, cette nouvelle échéance constitue un nouveau levier de mobilisation pour l’ensemble de l’écosystème sportif français et représente des opportunités importantes pour nos entreprises. Nous veillerons ensemble à ce que nos PME et TPE puissent en bénéficier. Dans les prochains mois, nous lancerons d’ailleurs une consultation de l’ensemble des membres afin de construire la prochaine feuille de route de la filière sport à l’horizon 2030. Nous travaillerons à renforcer les outils de coopération, à développer de nouveaux services pour les membres, à valoriser davantage les savoir-faire français et à faire héberger des engagements concrets au service de toute la communauté sportive et économique. Je tiens à remercier tous ceux qui contribuent à cette dynamique ».

En 10 ans, le commerce des articles de sport et de loisirs affiche une forte progression avec près de 5 milliards d’euros de chiffres d’affaires supplémentaires réalisés entre 2015 et 2025. « La filière sport surperforme par rapport au PIB avec +3% pour le sport quand le PIB est à +1%. Nous observons toutefois un tassement conjoncturel ces derniers mois. C’est contre-intuitif, car nous aurions pu imaginer qu’après les formidables Jeux olympiques et paralympiques qu’on a pu vivre en France, il y ait eu une hausse de la consommation d’articles de sport. Finalement, ce n’est pas le cas », précise Virgile Caillet. Dans le détail, les trajectoires sont un peu différentes selon les segments de marché. « Les salles de sport sont par exemple sur une progression linéaire avec 2.800 nouvelles salles de fitness en 10 ans. C’est-à-dire que les Français consomment moins d’articles de sport, mais continuent à pratiquer toujours autant sur les loisirs actifs et sportifs marchands. Au total, c’est plus de 19 millions de pratiquants et 8.500 établissements sur l’ensemble du territoire ». Pour le cycle et la mobilité active, le marché avance avec un vent de face depuis quelques années. « Sur les 10 dernières années, il y a eu une progression globale du cycle et de la mobilité active. Le marché a quand même progressé de plus d’un milliard d’euros sur ces dix dernières années », indique l’UESC qui évoque même une croissance pour le début d’année 2026. « Les indicateurs sont plutôt positifs, notamment sur le commerce d’articles de sports et de loisir qui retrouve quelques couleurs (+0,9%), ainsi que sur le cycle (+0,3%) avec un fort marché des pièces et des accessoires, lié à une augmentation significative de l’utilisation du vélo dans les déplacements du quotidien. Le secteur des loisirs sportifs marchands reste dynamique (+5,7%), même si l’augmentation du chiffre d’affaires ne veut pas dire forcément une meilleure rentabilité. Nous sommes sur la dernière année de remboursement des PGE et on peut espérer que nos entreprises de ce secteur retrouvent un petit peu de capacité d’investissement dans les mois à venir », indique Virgile Caillet.

Pour répondre à la croissance du nombre de membres et de collèges, l’UESC a fait évoluer sa structure. Grégory de Radigues a confirmé la création d’un conseil de présidence qui regroupe le délégué général et les six présidents de chacun des collèges. « Cette restructuration concerne aussi les équipes et l’organisation interne. Nous allons nous concentrer sur trois piliers : l’amélioration de la relation avec les adhérents, la restructuration administrative et financière qui était indispensable vu la croissance de l’UESC et le renfort du pôle d’expertise aussi bien sur la partie des études que toute la partie réglementaire juridique et sociale. Tout cela doit nous permettre de nous projeter dans les dix prochaines années. Le but est de réaffirmer notre ambition et d’intensifier le travail de lobbying et de défense de nos intérêts. On représente 20 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 100 000 emplois, mais ces chiffres ne prennent pas en compte notre impact indirect dans la société, comme les économies au niveau de la santé et les réponses à la sédentarité et l’obésité qui sont deux fléaux aujourd’hui », conclut le président du syndicat.

