Vers la fin de l’ultra fast-fashion en France !

Alors que le BHV a mis fin à sa collaboration avec Shein, la proposition de loi visant à réduire l’impact environnemental de l’industrie textile s’apprête à franchir une étape décisive. Réunis le 17 juin en Commission mixte paritaire, députés et sénateurs doivent tenter de trouver un accord sur un texte présenté comme l’une des premières réponses législatives européennes à l’essor de l’ultra fast-fashion. « L’ultra fast-fashion sacrifie notre planète, nos emplois et notre industrie textile sur l’autel d’un dumping social et environnemental. Face aux plateformes étrangères qui s’affranchissent de nos règles et concurrencent déloyalement nos entreprises, la France fait le choix de la fermeté », indique Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la transition écologique. Depuis son adoption à l’unanimité à l’Assemblée Nationale en mars 2024 sous l’impulsion de la députée Anne-Cécile Violland, le texte a fait l’objet de nombreux débats et mobilisations. Associations, acteurs du réemploi, industriels du textile et défenseurs d’une consommation plus responsable dénoncent depuis plusieurs années les conséquences environnementales, économiques et sociales des plateformes de mode à très bas prix, à l’image de Shein. Parmi les principaux enjeux figurent la lutte contre la surconsommation textile, la réduction des déchets, la transparence sur les volumes réellement mis sur le marché et les conditions de fabrication des produits. Les partisans du texte estiment qu’il pourrait contribuer à protéger les emplois de la filière textile française tout en soutenant les acteurs du réemploi et de l’économie circulaire. Maud Sarda, militante de la transition juste, et cofondatrice du label Emmaüs, rappelle l’importance d’aboutir à une loi pour l’ensemble de la filaire. « Par respect pour les milliers de personnes qui se battent pour cela depuis des années. Mais surtout pour les milliers d’emplois détruits dans la filière textile. Et pour les montagnes de produits toxiques qui asphyxient les acteurs du réemploi solidaire comme Emmaüs France et le Réseau National des Ressourceries et Recycleries ».