Vers une refonte des JO d’hiver ?

A quelques heures du début des JO d’hiver 2026, une étude du cabinet Circle Strategy propose une refonte profonde de l’organisation de l’événement dans les prochaines décennies. « Face à l’explosion des coûts économiques et environnementaux, le modèle actuel des Jeux olympiques d’hiver arrive à un point de rupture », constate le cabinet qui milite pour la création d’un système de rotation entre un nombre limité de sites permanents déjà équipés. Selon l’étude, depuis 2010, les Jeux d’hiver affichent un déficit moyen de 4,7 milliards de dollars par édition. Cette dérive est largement liée aux coûts de construction, estimés à 5,3 milliards de dollars en moyenne, dont plus de la moitié concerne des infrastructures bâties ex nihilo, souvent peu ou pas réutilisées après l’événement, comme ce fut le cas à Sotchi ou Pyongyang. Aujourd’hui, 77 % des épreuves des JO d’hiver se déroulent en extérieur. Or, le nombre de sites capables d’accueillir durablement ces compétitions diminue rapidement, passant de 93 sites viables en 2025 à seulement 30 d’ici 2080. Face à cette réalité, Circle Strategy suggère d’identifier cinq « hubs permanents » qui accueilleraient les Jeux à tour de rôle, selon une rotation fixe tous les quatre ans. L’objectif est de s’appuyer sur des territoires déjà aménagés, attractifs et durables, afin d’éviter la multiplication d’installations temporaires, coûteuses et polluantes. Parmi les zones jugées viables figurent les Alpes françaises, les Alpes suisses, les Rocheuses canadiennes et américaines, ainsi que le Japon. « Après un siècle d’histoire, les Jeux olympiques d’hiver restent un événement majeur, mais leur modèle atteint aujourd’hui un point de rupture. L’ampleur des investissements, des déficits abyssaux, la pression environnementale et les attentes des territoires hôtes obligent désormais à repenser profondément leur organisation», indiqueJean-Marc Liduena, directeur général du cabinet de conseil Circle Strategy.