Réactions et commentaires suite à l’Observatoire du Cycle

La présentation des chiffres 2025 s’est terminée par une table-ronde réunissant adhérents de l’UESC et le député Guillaume Gouffier-Valente. « Le marché résiste malgré tout parce que les acteurs se battent. Il y a 53% du marché en valeur qui est tenu par les détaillants spécialisés. Et malgré la défaillance de 200 d’entre eux en 2005, et probablement autant en 2026, nous avons quand même une population d’entrepreneurs qui affiche un courage énorme », a tenu à préciser Denis Briscadieu, président de Cyclelab. « Dans une situation très complexe, il faut faire des choix rationnels et retravailler l’offre. Les magasins proposent davantage d’animations, de sorties vélo, et doivent offrir vulgarisation ou expertise selon les clients », a souligné Adriana Mazoyer, chef de marché cycle chez Mondovélo. Pour Amelie Guicheney, CEO chez Gaya, le ralentissement des ventes dans le secteur du vélo électrique (-16%) ne traduit pas un désintérêt pour le vélo. « L’usage n’a jamais été aussi haut. Sur Paris, c’est +35% par rapport à 2019. Dès que les infrastructures sont déployées, elles sont utilisées. Quand la ville s’adapte, les usagers basculent et optent pour ce mode de déplacement plus efficace, plus économique et plus sain. Le vrai sujet aujourd’hui n’est plus seulement de vendre plus de vélos, mais de proposer des solutions adaptées aux usages de tous. Pour cela, on a besoin d’avoir le soutien réel des pouvoirs publics pour accompagner cette transition dans la durée, déployer les infrastructures nécessaires, ainsi que pour protéger nos usagers et nos entreprises. On s’est fait complètement lâcher par les pouvoirs publics sur le plan vélo », affirme Amelie Guicheney.

William Perrier, directeur général Sud Europe chez Accell Group, partage ce sentiment. « Le vélo s’installe dans le quotidien, dans les villes comme dans les territoires. Les Français pédalent davantage. La demande est là, réelle, durable. Mais derrière cette dynamique, la filière se fragilise. Le marché ralentit, les magasins ferment, des acteurs historiques sont en difficulté. Le paradoxe est clair : l’adoption progresse, mais l’écosystème économique vacille. Ce déséquilibre ne s’explique pas uniquement par le contexte économique. Ce qui manque aujourd’hui, ce n’est pas l’envie. C’est un cap. La stratégie nationale fait un autre choix : celui de la voiture électrique. Pourtant, le vélo répond déjà à une grande partie des déplacements du quotidien, avec moins de contraintes, moins de ressources et sans infrastructures lourdes. La filière ne demande pas des annonces, mais de la cohérence : des règles appliquées, un soutien stable, une vision industrielle ». Le député Guillaume Gouffier-Valente a lui aussi dénoncé « le décrochage incompréhensible des pouvoirs publics » face aux enjeux que représente le vélo. Un manquement d’autant plus regrettable que « l’on constate plus de monde sur les pistes cyclables, une plus grosse fréquentation des parkings à vélo…. et ce désormais toute l’année” » Pour Patrick Guinard, président de la commission cycle, le secteur fait face à des difficultés, mais dispose aussi de forces et montre des signes encourageants pour 2026. « Le vélo reste la catégorie de mobilité qui se vend le plus en volume sur le marché français, devant la voiture, le scooter et la trottinette. » Pour soutenir la reprise, le patron de Vélox appelle les collectivités à poursuivre leurs efforts sur les infrastructures, notamment les pistes cyclables et les stationnements sécurisés. « Aujourd’hui, chaque fois qu’il y a une crise, dans les médias on n’arrête pas de parler de la bagnole. Et bien non, la solution pour pouvoir se déplacer le moins cher possible, c’est le vélo. Il faut continuer à faire des pistes cyclables, à créer des parkings, continuer l’identification de ces vélos, continuer à faire la promotion du vélo tous ensemble », conclut Patrick Guinard.

