Un anniversaire en demi-teinte pour Décathlon 

Le 16 juin 2026 marque un anniversaire symbolique pour l’enseigne nordiste Décathlon, fondée en 1976 et devenue en un demi-siècle l’un des leaders mondiaux de la distribution d’articles de sport. Le cap historique des 50 ans devait être célébré sous le signe de la fierté, de l’engagement des équipes et de la volonté de poursuivre la mission de rendre le sport accessible au plus grand nombre. « C’est une immense fierté de regarder le chemin parcouru. Si Décathlon est si solidement ancré dans le cœur des Français, c’est grâce aux gilets bleus. À leur énergie contagieuse en magasin, leur passion logistique, leur audace dans les services, et leur engagement quotidien à faire bouger les lignes pour rendre le sport accessible à tous et cela depuis 1976 », indique Bastien Grangeorge, CEO de Décathlon France. Mais cet anniversaire intervient dans une ambiance contrastée. Quelques jours auparavant, les salariés ont exprimé leur mécontentement à travers plusieurs mouvements de grève. Le 6 juin, plus d’un millier de collaborateurs se sont mobilisés pour réclamer une revalorisation des bas salaires, avant d’être rejoints le 8 juin par des salariés de la branche logistique. À l’origine du conflit, la hausse récente du SMIC. Les organisations syndicales, notamment la CFDT, demandent que cette augmentation soit répercutée sur les rémunérations situées juste au-dessus du salaire minimum afin d’éviter un tassement de la grille salariale. La direction a toutefois indiqué ne pas souhaiter rouvrir de négociations salariales à ce stade. Décathlon justifie sa position par la nécessité de préserver sa capacité d’investissement. L’entreprise souligne que son résultat net en France est inférieur à 97 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 5 milliards d’euros, soit une rentabilité de moins de 2 %. Alors que l’enseigne célèbre cinq décennies de croissance et d’innovation, une intersyndicale envisage déjà de nouvelles actions. Derrière la réussite commerciale de Décathlon, les questions de pouvoir d’achat et de reconnaissance salariale restent au cœur des préoccupations d’une partie de ses équipes.