La Grande Récup Littorale

Réunis à Crealuz (Saint-Jean-de-Luz) à l’initiative de l’éco-organisme Ecologic, d’EuroSima et de l’UESC Nouvelle-Aquitaine, les acteurs du sport de glisse et du nautisme ont lancé le 29 avril la campagne grand public “La Grande Récup Littorale”. Lors de de cette journée Glisse et Littoral, les acteurs de la filière ont souhaité créer les conditions d’une synergie territoriale efficace autour des enjeux de la filière REP, en particulier la collecte et le développement de débouchés (réemploi, réparation, recyclage) des articles et matériaux de sport usagés. « L’événement a rassemblé un écosystème représentatif de la chaîne de valeur : marques (Boardriders / groupe Beaumanoir, Oxbow, Décathlon…), collectivités et acteurs publics (Bil Ta Garbi Pays Basque), structures de l’économie sociale et solidaire (La Recyclerie Voisinage), détaillants e-commerce (Le Comptoir du Surf) ou encore lieux de pratique (UCPA). Cette diversité de profils a permis de confronter les approches et de travailler de manière systémique, condition essentielle à la structuration d’une filière encore en construction », précise un communiqué de l’UESC. Après une plénière introductive, les participants ont été répartis en ateliers de travail autour de la méthodologie de mapping collaboratif 3D collective. « Trois groupes distincts ont ainsi pu approfondir les problématiques prioritaires avant de partager leurs analyses lors de restitutions croisées. Ce format a favorisé des échanges francs, directs et opérationnels, permettant de faire émerger des pistes concrètes d’action », souligne le syndicat patronal. « Réunir les parties prenantes a pour vertu de favoriser les échanges et d’accélérer l’appropriation », se réjouit Amélie Montoriol, directrice de la filière ASL d’Ecologic qui a présenté des indicateurs en progression : 194,3 tonnes collectées en 2025 dans les Pyrénées-Atlantiques, 89 participants à la collecte littorale dans la région, 25 à 40 tonnes estimées en réemploi dans la région. Les contributions financières associées traduisent également l’ampleur des flux à traiter : 1.217.403 euros d’éco-contribution nautique Ecologic (4.084 tonnes), 535. 801 euros pour le néoprène (656 tonnes). Les travaux ont mis en évidence les défis spécifiques liés au néoprène, matériau central dans les sports de glisse. « Si les volumes mis sur le marché sont significatifs (656 tonnes par an), la filière se heurte aujourd’hui à un déséquilibre entre la collecte et les débouchés disponibles. Plusieurs constats ont émergé : une réelle appétence des consommateurs pour le retour produit, notamment en magasin avec contrepartie, des gisements plus homogènes et valorisables issus des clubs, des flux encore insuffisants pour soutenir uniquement des solutions artisanales et la nécessité de développer des capacités industrielles complémentaires », précise le communiqué. Au final, quatre priorités ont été ciblées pour accélérer la structuration : sensibiliser et former les salariés – travailler en collectif le cas concret du néoprène – mise en place d’un plan de communication collectif et ciblé – animer le collectif en faisant du lien entre les tiers partie et les activités de chacun. Les participants ont convergé vers la création d’une task force dédiée, avec un référent par typologie d’acteur, afin de maintenir la dynamique engagée et suivre l’avancement des projets. « C’est un événement où les marques ont échangé entre elles et ont exprimé qu’elles étaient prêtes à agir collectivement et à long terme sur des sujets dont les débouchés doivent parfois encore être construits avec les partenaires industriels et les collectivités. Une chose est certaine : la solution est collective », affirme Aude Penouty, responsable RSE EuroSima. « J’ai trouvé les échanges très enrichissants et je note que nous étions tous concernés par la problématique du néoprène/combinaisons de surf. Je suis heureux de voir la motivation de tous pour continuer sur cette dynamique et le désir de travailler avec Ecologic sur un projet commun autour de la recyclabilité de la combinaison et des options de réutilisation de la matière », témoigne Xavier Duhalde, coordinateur innovation & RSE au sein du groupe Boardriders.

