Les chiffres de l’Observatoire du Cycle

L’Union des entreprises du sport et du cycle a présenté ce vendredi la 27e édition de l’Observatoire du Cycle au festival Vélo in Paris. Sans surprise, le marché du vélo a reculé de 4,8% en 2025 pour atteindre 3,11 milliards d’euros. Au total, 1.836.000 vélos neufs ont été vendus, soit une diminution de 8,4 % sur un an. Pour la 4e année consécutive, les Français ont donc acheté moins de vélos que l’année précédente. En 12 mois, ce sont près de 121.000 vélos qui manquent à l’appel. Entre 2019 et 2025, l’écart monte même à 800.000 unités. Jean-Philippe Frey, responsable des études chez l’UESC, a tenté d’expliquer cette baisse. « Deux catégories représentent les deux tiers de ces 800.000 vélos. La première concerne le vélo enfant et s’explique par la démographie. Il y a de moins en moins d’enfants en France et cette tendance va s’accentuer dans les années à venir. La deuxième catégorie relève des vélos dits de mobilité qu’ils soient électriques ou non. Les explications sont multiples et sont à chercher du côté des changements des habitudes de consommation. Je pense au développement du vélo en libre-service, aux systèmes de location longue durée, au vélo partagé, à la seconde main et au vélo d’entreprise », argumente le représentant de l’UESC. Le syndicat estime à 200.000 le nombre de vélos qui ne sont pas pris en compte par l’étude. Cela comprend la seconde main avec 178.000 unités vendues chez les professionnels (+14% par rapport à l’an dernier), les achats des collectivités qui sont plutôt stables sur un an avec 21.000 vélos et les achats des entreprises avec 16.832 unités, dont 1.824 cargos. « Avec 1,8 milliard d’euros, le marché de la vente de vélos neufs est toujours plus important que les 1,5 milliard d’euros de 2019 », précise Patrick Guinard, vice-président de l’UESC. Dans un contexte compliqué, certaines catégories tirent même leur épingle du jeu. C’est le cas du vélo de route qui a vu ses ventes progresser de 7% en volume et du gravel avec une progression de 2%. « La route et le gravel représentent désormais 53% des ventes des vélos classiques en valeur. En 10 ans, le prix moyen d’un vélo de route a augmenté de 1.000 euros », souligne Jean-Philippe Frey. S’il ne représente que 28 % des volumes totaux, le VAE concentre à lui seul 54 % de la valeur du marché. En 2025, les ventes de VAE affichent une baisse de 16% avec 507.000 unités écoulées. Là encore, le segment route et gravel est le seul en hausse avec +6% d’unités vendues (19.000 vélos). Le VAE de ville (105.000 unités), le VAE pliant (17.000 unités) et le VTTAE (120.000 unités) affichent les plus grosses baisses (-29%, -21% et -19%). La catégorie reine du vélo électrique reste le VTC, qui représente 41 % des ventes avec ses 208.000 unités écoulées en 2025. Sans se victimiser, le syndicat a pointé du doigt l’arrêt des aides à l’achat au niveau national. « En 2024, 50.000 personnes ont été aidées lors de leur achat pour un montant moyen d’environ 500 euros », précise André Ghestem.


Si la vente de vélos neufs a souffert en 2025, la pratique continue de bien se porter. La vente de pièces et accessoires est d’ailleurs en légère hausse (+0,3%) à 1,12 milliard d’euros, tandis que la réparation (main-d’œuvre facturée) enregistre une progression de 10,5%. Le chiffre d’affaires de l’atelier atteint 128 millions d’euros, en hausse de 15 millions d’euros tandis que le nombre d’opérations affiche également une hausse (+ 53% depuis 2019, +5% depuis 2024). « Le comportement de l’usager change. Nous ne sommes plus aujourd’hui dans le jetable. On est de plus en plus dans le réparable et dans le durable », commente André Ghestem qui précise toutefois que pour beaucoup de détaillants l’atelier n’est pas rentable. « Il est nécessaire de facturer la réparation à un juste prix et les ateliers sont souvent occupés à des opérations non rémunérées. Je pense notamment à la mise en service des vélos neufs », précise André Ghestem. « On répare 3 fois plus de vélos que l’on en vend chaque année », souligne de son côté Olivier Bouchebeuf qui évoque une hausse du nombre de réparateurs en France et l’apparition des aides à la réparation. « A date, plus de 1000 réparateurs sont labellisés Bonus Répar. L’objectif est de doubler ce nombre d’ici la fin de l’année. En 2025, en moyenne, la facture a été réduite de 23 euros », indique le responsable de la commission cycle de l’UESC.