Quel moral pour les e-commerçants français ?

Fevad e-commerce

Pour la 15ᵉ année consécutive, la Fevad publie les résultats de son enquête annuelle sur le moral des e-commerçants. Réalisée par Toluna-Harris Interactive auprès de 113 dirigeants de sites e-commerce en France, l’étude dessine le portrait d’un secteur qui reste dynamique, mais confronté à de nouveaux défis (incertitudes économiques, concurrence internationale accrue et accélération des transformations technologiques). Malgré un léger tassement par rapport aux années précédentes, l’exercice 2025 reste globalement positif. La moitié des entreprises françaises déclare un exercice rentable, tandis qu’environ une entreprise sur cinq reste déficitaire. Dans ce contexte, le moral des dirigeants progresse : 36 % des e-commerçants français se disent plus optimistes pour 2026, contre 20 % moins optimistes, soit un solde positif de 16 points en hausse de 7 points par rapport à l’an dernier. « Ce climat plus positif coexiste toutefois avec de fortes inquiétudes sur la conjoncture économique. En France, 98 % des e-commerçants estiment que l’instabilité politique a un impact sur la consommation, et 43 % anticipent une dégradation de celle-ci dans les douze prochains mois », précise l’étude. Pour 2026, les perspectives d’activité demeurent bien orientées : 67 % des e-commerçants français anticipent une hausse de leur chiffre d’affaires, contre seulement 8 % qui prévoient une baisse. Les perspectives sont également positives en matière de rentabilité : 56 % des entreprises françaises anticipent une progression de leur marge nette. Le secteur devrait rester créateur net d’emplois. Pour 2026, 24 % des e-commerçants français prévoient d’augmenter leurs effectifs, contre 16 % qui anticipent des réductions. L’ouverture internationale continue de progresser parmi les acteurs du secteur. Deux tiers des e-commerçants français et trois quarts des entreprises européennes déclarent opérer à l’étranger. Parmi ces entreprises présentes à l’international, 77 % anticipent une augmentation de la part de leur chiffre d’affaires réalisée hors de leur marché domestique dans les deux prochaines années, confirmant le rôle croissant de l’export dans les stratégies de développement du e-commerce. La montée en puissance des grandes plateformes opérant depuis l’Asie est désormais perçue comme un facteur structurant pour le secteur. Ainsi, 70 % des e-commerçants français exposés à la concurrence de ces plateformes déclarent que leur activité est directement impactée, et près d’un tiers indiquent avoir dû adapter leur stratégie commerciale. L’IA, et en particulier l’IA générative, s’impose désormais comme un levier majeur de transformation du e-commerce. Ce sont 94 % des entreprises françaises qui déclarent utiliser au moins une solution d’IA générative. Elle est même perçue comme l’innovation la plus prometteuse à horizon trois ans. « Le moral des dirigeants du e-commerce continue de progresser, mais le marché monte clairement en intensité. Dans un contexte de consommation fragilisée par l’instabilité politique et les tensions internationales, et face à une concurrence mondiale plus intense, les entreprises investissent et se préparent aux transformations technologiques liées à l’essor de l’intelligence artificielle. Pour que ce potentiel de croissance profite pleinement à l’économie française, les dirigeants appellent aussi les pouvoirs publics à garantir un cadre de concurrence réellement équitable. À leurs yeux, cela nécessite en priorité d’imposer le respect de nos règles aux grandes plateformes extra-européennes, notamment chinoises, et d’alléger les charges qui entravent aujourd’hui les entreprises européennes », résume Marc Lolivier, délégué général de la Fevad.