Rien ne va plus chez Cyclable !

En redressement judiciaire depuis le 2 avril, le groupe Cyclable fait face à de nombreux soubresauts. Selon nos informations, Carol Geismar, présidente de l’entreprise depuis juin 2024 aurait été démise de ses fonctions fin septembre. Si les ventes sont en légère hausse depuis le lancement de la procédure, le réseau a vu une dizaine de magasins mettre la clé sous la porte. C’est le cas à Bayonne, Orléans, Grenoble, Meylan, Toulouse, Paris 11, Issy-les-Moulineaux, Lyon 6, Champagne-au-Montd’Or, Rennes. Alors que les licenciements se sont multipliés, tant dans les filiales que parmi les personnels du siège, les salariés font valoir leur ras-le-bol. « Nous sommes contraints de travailler dans des conditions particulièrement difficiles. En dehors d’injonctions répétées à faire toujours plus d’efforts, les salariés sont dans le flou et l’incertitude quant à l’avenir du groupe. La seule option qui leur a été présentée est celle de la « rationalisation », à savoir une réduction des coûts via des fermetures de boutiques et des licenciements. Aucune perspective stratégique, aucun plan de sortie de crise, aucune stratégie commerciale ne leur a été présenté à ce jour. Les visioconférences organisées par la direction visaient uniquement à communiquer sur le calendrier de la procédure et sur les décisions prises par le tribunal dans le cadre du plan de licenciement mis en œuvre », précise un communiqué signé par les équipes des magasins Cyclable de Clermont-Ferrand, Lille-Centre, Dijon, Strasbourg, Poitiers, Nantes-Centre, Rennes Spad ; et des salariés des équipes de Cyclable Lyon 7, Nantes-Beaujoire et Rennes. L’actionnaire principal, le fonds d’investissement Calcium Capital, serait lui aussi resté totalement silencieux, n’ayant pas eu le moindre mot d’explication ou de soutien à l’égard des salariés. « Nous nous sentons aujourd’hui totalement ignorés et délaissés, contraints de subir la procédure sans aucune visibilité, ce qui génère beaucoup de stress et d’anxiété. Avec les licenciements, les contrats non renouvelés et les démissions, les salariés doivent par ailleurs travailler dans des situations de sous-effectif chronique, avec une forte surcharge de travail, des contraintes multipliées (horaires, congés), et les pressions exercées par la direction qui exige d’eux un surinvestissement au nom de la survie du groupe. Les relations compliquées avec certains fournisseurs, la lourdeur de certains processus (commandes/facturation) et les difficultés d’approvisionnement des boutiques viennent encore compliquer le travail des équipes au quotidien », poursuit le communiqué qui évoque le licenciement des responsables régionaux, suivi du départ du directeur commercial. De nombreux salariés ont pu constater des retards de paiement ou des délais excessivement longs pour le traitement de certains dossiers – congés, arrêts maladie, versements d’heures supplémentaires… « Aucun des salariés du groupe n’a passé la visite médicale obligatoire de la médecine du travail (dans les 3 mois suivant l’embauche) », indique le document. Les personnels signataires réclament de toute urgence une réunion d’information et de concertation sur les stratégies et les perspectives commerciales du groupe, la mise en place d’un CSE national et la constitution d’un vrai pôle RH, suffisamment doté, à la mesure de la taille de l’entreprise. « Les personnels signataires de ce communiqué sont aujourd’hui prêts et déterminés à agir par tout moyen qui leur permettrait d’être enfin entendus, afin de retrouver des conditions de travail dignes et satisfaisantes ».

