L’insécurité freine la pratique du vélo

Si le vélo s’est imposé pour beaucoup de Français comme une évidence dans les mobilités du quotidien en raison de ses avantages économiques et écologiques, pour les femmes, il reste encore synonyme de tensions et de danger. C’est dans ce contexte que l’institut Flashs a mené pour Materiel-velo.com une enquête auprès de 2.000 personnes, dont plus de 1.200 utilisant ou ayant déjà utilisé le vélo pour leurs déplacements. Ironie de la situation : alors même que la sécurité est centrale, un tiers des cyclistes ne portent jamais de casque. Parmi eux, l’inconfort est la première raison invoquée, davantage par les femmes (36 % contre 30 %). « Chez les 18–24 ans, une femme sur quatre explique éviter le casque par peur d’arriver décoiffée, rappelant que même les choix liés à la sécurité restent traversés par des contraintes d’apparence », précise le rapport. Plus de 4 femmes sur 10 (41 %) déclarent avoir déjà été confrontées à des comportements agressifs et/ou sexistes : insultes, intimidations, remarques déplacées ou gestes inappropriés, de la part d’automobilistes, d’autres usagers ou de piétons. Chez les plus jeunes (18–24 ans), cette proportion atteint 58 %. « Ces situations ont un impact direct sur les pratiques : 57 % des femmes concernées ont cessé de faire du vélo en raison de ces violences », indique l’étude qui dévoile 240 témoignages de comportements agressifs et/ou sexistes à vélo. « Cette enquête rappelle que l’égalité d’accès ne se joue pas uniquement dans les infrastructures. Si les femmes sont aujourd’hui moins nombreuses à utiliser le vélo que les hommes, ce n’est pas seulement une question d’habitudes ou de préférences, mais aussi de conditions concrètes de pratique », précise le document.