Les impacts socio-économiques du vélo selon l’Ademe

Menacée de disparition par une partie des politiques, l’Ademe vient de publier son rapport sur l’analyse des impacts socio-économiques du vélo en France. Organisée en trois volets – l’évolution de la pratique, l’économie du vélo et les externalités liées à son usage -, l’étude vise à actualiser une évaluation réalisée en 2018-2020, soit avant la crise du Covid qui a marqué un tournant majeur pour le vélo. Sans surprise, le rapport confirme une dynamique et une nette hausse de la pratique. En 2024, un tiers des Français utilisaient le vélo au moins une fois par mois, et la part des pratiquants hebdomadaires a doublé en une décennie. Si le vélo conserve un rôle important dans les activités de loisir, la part des déplacements domicile-travail effectués à vélo progresse aussi notablement sur l’ensemble du territoire. La montée en puissance de la pratique s’appuie sur l’amélioration des infrastructures : les aménagements cyclables atteignent désormais 86.600 km en France (+14% depuis 2022) et les capacités de stationnement ont progressé de 44% en trois ans. « Ce développement du réseau sécurisé et de solutions pratiques près des pôles de mobilité facilite les déplacements quotidiens et renforce la confiance des usagers », souligne l’Ademe qui constate que l’économie du vélo s’étend aujourd’hui bien au-delà de la vente de cycles. Elle englobe réparation, location, tourisme, formation ou encore cyclologistique. Si le marché du vélo neuf ralentit depuis 2022, il reste porté par les vélos à assistance électrique. À l’inverse, la réparation (près de 6 millions d’interventions annuelles) et la location connaissent une forte croissance, tout comme les services de location longue durée. Le secteur représente désormais 72.036 emplois équivalents temps plein et s’impose comme un levier d’insertion sociale, facilitant l’accès à l’emploi pour certains publics. Le tourisme à vélo se développe également, avec des dépenses moyennes d’environ 64 euros par jour pour les cyclistes itinérants. L’Ademe rappelle que l’appel à projets France 2030 « Industrie du vélo » a permis de soutenir l’innovation et les capacités de production nationales pour accompagner la croissance du VAE. Les 38 bénéficiaires retenus ont reçu 31 millions d’euros d’aides, permettant, par exemple, de relocaliser en France une production annuelle de 520.000 cadres et 315.000 moteurs à horizon 2030.
Au-delà de l’économie, les bénéfices de la pratique du vélo sont multiples : réduction de la congestion routière, gains de temps, amélioration de la qualité de l’air et baisse du bruit en ville. « Le vélo contribue aussi à la santé publique, en évitant près de 2.000 décès prématurés chaque année et en générant plusieurs milliards d’euros d’économies », indique le rapport. Malgré ces atouts, les investissements restent encore inférieurs à ceux consacrés à l’automobile, laissant entrevoir un potentiel de développement important. « L’argument le plus répandu contre les aménagements cyclables est la crainte d’un transfert de congestion : en retirant des voies à l’automobile, on risquerait d’aggraver les embouteillages. Cette inquiétude a ressurgi lors de la crise sanitaire de 2020 avec les « coronapistes ». Pourtant, une enquête de la Banque des Territoires a montré que plus de 80 % de ces aménagements temporaires ont été pérennisés et qu’à peine 20 % ont été supprimés, essentiellement à la suite de plaintes liées à la congestion et à un déficit de concertation », précise l’étude.

