La filière vélo vote contre l’obligation du casque

Alors que le débat sur l’obligation du casque pour les cyclistes a fait la une de l’actualité cet été, la filière vélo s’est prononcée sur cette question. L’Alliance pour le vélo et l’Association des acteurs du vélo public (AAVP) recommandent de ne pas instaurer d’obligation générale pour les cyclistes adultes. Les deux organisations reconnaissent son intérêt pour réduire certaines blessures à la tête en cas de chute, mais estiment qu’une telle mesure ne permettrait pas de réduire le risque de collision avec un véhicule motorisé et pourrait freiner la pratique quotidienne du vélo. En France, le casque est actuellement obligatoire pour les enfants de moins de 12 ans, mais reste recommandé pour les adultes. Il est également imposé aux utilisateurs de speed-bikes et à certains utilisateurs d’EDPM. « Selon une enquête de la DGITM menée en 2024, 32,9 % des cyclistes déclarent porter systématiquement un casque, 30,8 % occasionnellement et 36,2 % jamais », précise un communiqué qui souligne que dans les pratiques sportives, le port est en revanche quasiment systématique. Les associations mettent en avant les données d’accidentalité. En 2025, 235 cyclistes ont été tués en France métropolitaine et 2.800 gravement blessés, en hausse de 8 %. La mortalité cycliste a progressé de 22 % hors agglomération, tandis qu’elle a diminué de 14 % en agglomération.  Pour l’Alliance pour le vélo, les priorités doivent donc porter sur la sécurisation des infrastructures et la prévention plutôt que sur une contrainte supplémentaire pour les usagers. « Le risque se concentre là où l’infrastructure fait défaut, et non dans le vélo urbain du quotidien qu’une obligation « en toutes circonstances » viendrait pénaliser en premier », indique le communiqué. Le vélo en libre-service constitue également un point de vigilance. Les organisations soulignent qu’une obligation généralisée pourrait pénaliser ces services, dont les utilisateurs effectuent souvent des trajets courts et imprévus sans disposer d’un casque. La France compte aujourd’hui 220 services de vélo public, avec une proportion importante d’utilisatrices. Les associations demandent enfin de différencier les usages. Elles souhaitent notamment concentrer les efforts sur les EDPM, dont l’accidentalité augmente fortement : 80 utilisateurs ont été tués en 2025 (+78%) et 1.100 gravement blessés. Elles privilégient une adoption progressive du casque par la sensibilisation, les vélo-écoles et les pratiques encadrées, afin de développer une norme sociale plutôt qu’une obligation générale. « À cadre légal quasi identique à celui du vélo, le ski affiche 86 % d’adultes et 98 % d’enfants casqués sur les pistes. Cette adoption massive s’est faite sans loi, les parents ont d’abord équipé leurs enfants, puis se sont équipés eux-mêmes par contagion générationnelle », rappelle le communiqué.