La vraie place du VAE dans le quotidien des Français

Un foyer français sur cinq est désormais équipé d’un vélo électrique, selon l’étude inédite “Dans la France du vélo à assistance électrique” publiée par la Fondation Jean-Jaurès avec Upway. Longtemps perçu comme un objet réservé aux jeunes urbains, aux catégories aisées ou aux militants de la transition écologique, le vélo à assistance électrique raconte aujourd’hui une tout autre histoire. Dans son étude, la Fondation Jean-Jaurès montre que la France du vélo électrique est bien plus diverse qu’on ne l’imagine. « Seniors, habitants des territoires ruraux et périurbains, usages de loisirs comme déplacements du quotidien : derrière les représentations se dessine une transformation profonde des mobilités françaises », précise le rapport. S’appuyant sur une enquête IFOP menée auprès de plus de 3.000 Français, sur une enquête auprès des clients d’Upway ainsi que sur des entretiens qualitatifs avec des utilisateurs, cette étude déconstruit plusieurs idées reçues sur le vélo électrique.
Premier enseignement : le VAE bénéficie aujourd’hui d’une image très positive. « Pour près d’un Français sur deux, le VAE est avant tout synonyme de facilité, d’assistance et de réduction de l’effort. Plus qu’un simple vélo, il apparaît comme un « vélo augmenté », capable d’élargir les possibilités de déplacement et de rendre la pratique accessible à davantage de publics », indique l’étude qui révèle que les principaux utilisateurs sont aujourd’hui des personnes de plus de 50 ans, particulièrement satisfaites de leur équipement et qui en deviennent souvent les meilleurs ambassadeurs. Les territoires ruraux et périurbains occupent également une place centrale dans le développement du VAE, loin de l’image exclusivement métropolitaine qui lui est encore associée. « Là où les transports collectifs sont peu développés, le vélo électrique devient une réponse concrète aux besoins de mobilité quotidienne ».
Autre enseignement majeur : contrairement aux idées reçues, la transition écologique n’est pas la principale motivation d’achat. Si la dimension environnementale est largement reconnue, elle intervient davantage comme un bénéfice supplémentaire que comme un facteur déclencheur. « Les premiers moteurs d’adoption sont concrets : pratiquer une activité physique, profiter du plein air, retrouver du plaisir dans les déplacements ou réduire l’usage de la voiture. Les usages eux-mêmes témoignent de cette diversité. Le loisir et les activités de plein air demeurent les premières pratiques, mais le vélo électrique s’impose progressivement comme un véritable outil du quotidien », souligne la fondation. Plus de quatre utilisateurs actifs sur dix l’utilisent régulièrement pour leurs trajets domicile-travail, tandis que les courses et les déplacements de proximité se développent rapidement.
Cette dynamique se heurte néanmoins à plusieurs obstacles clairement identifiés. « Pour les Français qui ne possèdent pas de VAE, le premier frein reste le prix d’acquisition. Pour les utilisateurs, les préoccupations portent avant tout sur la sécurité : qualité des infrastructures cyclables, partage de la route avec les autres véhicules et sécurisation du stationnement arrivent largement devant les contraintes techniques liées au vélo lui-même ». L’étude montre ainsi que les conditions de développement du vélo électrique dépassent largement la seule question des aides financières. Elles interrogent l’aménagement des territoires, la sécurité des déplacements, l’intermodalité avec les transports collectifs, mais aussi le rôle que peuvent jouer les employeurs dans la diffusion du « vélo de fonction » ou du forfait mobilités durables. A noter que huit possesseurs de VAE sur dix recommanderaient son usage à leur entourage. Cette adhésion confirme que le principal défi n’est plus de convaincre de l’intérêt du vélo électrique, mais de lever les freins qui empêchent encore son adoption par une partie des Français. « À travers cette étude, la Fondation Jean-Jaurès et Upway souhaitent contribuer au débat public sur les mobilités en apportant un regard documenté sur une évolution qui dépasse désormais la seule question environnementale. Le vélo à assistance électrique apparaît aujourd’hui comme un outil de pouvoir d’achat, de santé, d’autonomie et de cohésion territoriale. En déconstruisant les clichés, cette étude invite à penser des politiques publiques adaptées à la diversité des territoires et des usages, afin d’accompagner une révolution des mobilités déjà largement engagée », précise un communiqué.

