Un appel à la grève chez Décathlon

grève Décathlon 6 juin

L’ensemble des organisations syndicales représentatives de Décathlon appelle les salariés à une mobilisation nationale le samedi 6 juin. Les syndicats regrettent le refus de répercuter la hausse du SMIC sur l’ensemble de la grille salariale. Une pétition initiée fin mai par l’intersyndicale a réuni près de 1.400 signatures afin de fustiger « une entreprise qui surperforme sur le dos de ses salariés ». Force est de constater que les deux parties n’ont pas trouvé d’accord avec ce premier appel intersyndical à la mobilisation au sein de l’entreprise. Le leader français de la vente d’articles de sport, qui figure toujours parmi les enseignes préférées des Français, a dévoilé en avril un bénéfice net en progression de 16 %, atteignant 910 millions d’euros. Son chiffre d’affaires a progressé de 4 % pour s’établir à 16,8 milliards d’euros. « Des bénéfices qui s’accumulent… le pouvoir des salariés qui recule », précise un tract cosigné par la CFDT, la CFTC, la CGT, la CFE-CGC et l’Unsa. « Les salariés constatent chaque jour une augmentation de leur charge de travail, des effectifs insuffisants dans de nombreux magasins et entrepôts, ainsi qu’une pression toujours plus forte pour atteindre les objectifs commerciaux. Dans le même temps, leur pouvoir d’achat continue de se dégrader sous l’effet de l’inflation », précise un communiqué de la CFDT qui dénonce l’écart entre les nouveaux embauchés et les salariés disposant de plusieurs années d’ancienneté. En décembre 2024, Fabien Derville, alors à la tête de l’entreprise, avait expliqué à La Voix du Nord que les bénéfices de Décathlon étaient utilisés pour amortir les pertes d’autres filiales du groupe détenu par la famille Mulliez, et notamment Auchan. Au-delà du conflit en cours chez Décathlon, c’est donc la question des différentes enseignes du même groupe qui est soulevé par les syndicats. « Les travailleurs de Décathlon affrontent les mêmes actionnaires que ceux d’Auchan, Leroy Merlin, Norauto, Kiabi ou Boulanger. Chaque mobilisation isolée permet à la famille Mulliez de déplacer les coûts d’une entreprise à l’autre. À l’inverse, une coordination des salariés de toutes les enseignes du groupe pourrait faire apparaître une force capable de remettre en cause les choix des actionnaires eux-mêmes », conclut l’un des manifestants.