Une acquisition et une expulsion pour le groupe Rebirth !

Présent massivement sur le festival Vélo in Paris à la fin avril, le groupe Rebirth de Gregory Trebaol refait la une de la presse. L’entreprise annonce un rapprochement avec Loewi. « Dans la continuité de l’intégration de Roold, Rebirth franchit une nouvelle étape en faisant l’acquisition de Loewi, entreprise basée en région parisienne et reconnue pour son expertise dans le reconditionnement de cycles », affirme un communiqué. Le but de cet accord est de rendre le matériel de qualité plus durable et accessible. « Loewi s’est très vite imposée en acteur clé de la seconde vie des vélos à assistance électrique. Nous sommes très heureux d’accueillir leurs équipes et d’intégrer un savoir-faire unique dans la filière du reconditionnement industriel du deux-roues à pédales. Ce rapprochement s’inscrit pleinement dans notre ambition : accélérer la démocratisation des mobilités douces, les rendre accessibles au plus grand nombre et contribuer concrètement à la réduction de notre impact environnemental », précise Rebirth. Hasard du calendrier, le groupe serait en conflit avec Saint-Lô Agglo. Selon la presse locale, Saint-Lô Agglo, propriétaire du bâtiment de la société Rebirth (Solex, Matra, Easybike, Mobiky…) a demandé à son locataire de payer ses dettes. Ce lundi 11 mai, Saint-Lô Agglo aurait même notifié à Rebirth son intention de l’expulser de ses locaux, un bâtiment de 4.000 m² construit par la collectivité en 2015. Depuis l’origine, le bâtiment est dédié à l’assemblage de vélos électriques. Il devait être vendu à Mobiky Tech, qui n’a jamais réussi à le payer. Lors du redressement judiciaire de l’entreprise en 2019-2020, la justice a ordonné la restitution du local à la collectivité tout en y conservant l’activité. « En 2020, Saint-Lô Agglo avait accepté de reprendre la propriété du bâtiment pour 4,4 millions d’euros hors taxes. Initialement, le contrat prévoyait une pleine propriété du bâtiment par l’entreprise en 2035 », précise un article de Ouest France. Pour justifier sa décision, Saint-Lô Agglo avance un préjudice de 122.665 euros, dont 95.723 euros d’arriérés de loyers. La collectivité évoque dans un communiqué « le mutisme » de la direction de Rebirth, malgré une action en justice et seize mises en demeure pour régulariser la situation depuis janvier 2024. Saint-Lô Agglo avait déjà saisi la justice pour des loyers impayés en 2022, et en 2023 le tribunal judiciaire de Coutances avait accordé une période probatoire de deux ans à Rebirth assortie d’une clause résolutoire automatique en cas de nouveau défaut de paiement. « Les engagements pris n’ont pas été tenus, » déplore la collectivité qui assure avoir fait ce choix en dernière extrémité et pensant aux « intérêts conjoints de l’entreprise, des salariés et des contribuables ». Rebirth a désormais jusqu’au 20 août pour quitter les lieux. Contacté, le groupe dit ne pas avoir été mis au courant de la procédure d’expulsion…

