Tribune : pour un leasing vélo à la hauteur des enjeux

France Vélo et la FAVE (Fédération des acteurs du vélo en entreprise) viennent de publier une tribune pour interpeler les pouvoirs publics sur les enjeux du leasing vélo en France. L’objectif de ce texte est notamment de rendre possible la conversion salariale pour le leasing vélo via les employeurs. « De plus en plus de Français font le choix d’aller travailler à vélo : la part modale du vélo vient encore de progresser pour atteindre 4,3% des déplacements domicile-travail en 2024, contre 2% en 2019 », indique la tribune qui liste les nombreux avantages du vélotaf sur la santé, le bien-être et l’efficacité des employés. « Les études montrent qu’aller chaque jour au travail à vélo réduit de 15% les prescriptions d’antidépresseurs et anxiolytiques ainsi que le risque de maladies cardiovasculaires ou de diabète. Le vélo permet aussi aux salariés d’arriver à l’heure, de baisser leurs dépenses d’énergie, si précieuse en ces temps de transition écologique et de baisse du pouvoir d’achat. Les collaborateurs à vélo sont moins souvent absents (-15%) et plus productifs (jusqu’à +9%) », argumente France Vélo qui met en avant un coût élevé d’investissement difficilement supportable par le seul salarié. « Le prix moyen d’un VAE est aujourd’hui de 2.000 euros alors que le salaire moyen est de 2.200 euros. Les employeurs peuvent jouer un rôle majeur afin de promouvoir les mobilités actives. Développer une offre vélo est aussi un outil des employeurs pour respecter et renforcer leurs engagements RSE et réduire leur bilan carbone. C’est une des solutions poussées également par tous les acteurs du vélo à l’échelle européenne ». L’Allemagne a mis en place son système de leasing vélo en 2012 et compte aujourd’hui plus de 2,1 millions de vélos en leasing, avec 41% des employés éligibles. La Belgique a commencé en 2015 et a déjà un parc de 200.000 vélos en leasing, alors que la France n’en compte début 2026 qu’environ 25.000. « A ce jour, les modalités de leasing vélo en France sont essentiellement dans un format de redevance dit 70/30 : l’entreprise prend en charge 70% du loyer global et le salarié 30%, directement prélevé sur le salaire net, le tout étant exonéré de charges sociales et d’impôt sur les sociétés. A contrario, le dispositif de conversion de salaire est commun à tous les pays européens qui ont su embarquer un grand nombre d’employeurs pour développer le vélo au quotidien. Ce mécanisme permet de prélever le loyer du vélo sur le salaire brut en échange de la mise à disposition d’un vélo par l’employeur, exonéré de cotisations et d’impôt sur le revenu. Ce modèle est financièrement peu onéreux pour l’employeur, en dehors des frais administratifs de mise en œuvre initiale et de suivi du projet. L’entreprise paie 100% de la facture de location au prestataire, mais le coût est reporté au salarié, qui bénéficie de l’économie de cotisations patronales (jusqu’à 45%), mais aussi de cotisations salariales et d’impôts sur le revenu. Pour un coût de gestion acceptable pour l’employeur, le salarié réalise ainsi une forte économie, de l’ordre de 30% par rapport à l’achat d’un vélo, et échelonne cette dépense sur 36 mois », précise la tribune de France Vélo qui souligne que la conversion peut être rendue possible en France moyennant une adaptation mineure de la réglementation. L’appel est lancé !