De la nécessité d’adapter les besoins de formation de la filière vélo aux réalités du marché

Afin d’accompagner le développement de la filière vélo, l’AFPA a publié une étude prospective réalisée en partenariat avec les acteurs institutionnels et les entreprises du secteur du cycle. Un document de près de 73 pages daté de juillet dernier revient sur les transformations à l’œuvre dans la filière vélo et les conséquences sur les besoins de formation. Fruit de plus de 30 entretiens et d’un travail approfondi de cartographie des métiers, des formations et des initiatives de la filière, le rapport propose un ensemble de préconisations pour accompagner le développement de la filière à horizon 2030. Si les travaux mettent en évidence une filière dynamique, portée par des tendances de fond favorables, le rapport précise que la filière demeure fragmentée et reste en cours de structuration. « Le secteur réunit des acteurs variés, dans des territoires aux réalités différentes. Pour se consolider, elle doit gagner en visibilité, mieux coordonner ses acteurs et stabiliser ses modèles économiques », indique l’AFPA. La baisse des ventes de vélos neufs contraste avec le développement rapide des activités de maintenance, de réparation, de location, de réemploi et de reconditionnement. « Le poids plus important d’une économie davantage centrée sur l’usage et le cycle de vie du produit modifie les besoins des entreprises, déplace une partie de la valeur vers les services associés et renforce l’importance des activités techniques tout au long de la durée de vie du vélo », explique le rapport. L’étude montre que ces transformations en cours font évoluer les métiers existants plutôt qu’en créer de nouveaux. « L’électrification croissante des vélos, le développement des batteries, la montée en puissance de l’électronique embarquée et les enjeux du reconditionnement conduisent à une hybridation progressive des compétences. Les entreprises recherchent désormais des profils capables de combiner mécanique, électrotechnique, électronique, diagnostic, qualité et relation client tout en s’adaptant à des technologies en évolution rapide ». La cartographie de l’appareil de formation met en évidence une offre réelle et structurée, mais inégalement répartie selon les branches de la filière. Les métiers de la distribution et de la réparation concentrent aujourd’hui une grande partie de l’offre disponible tandis que les besoins liés à la production, au reconditionnement, à l’ingénierie ou à certaines spécialisations techniques apparaissent plus partiellement couverts. Dans ses préconisations, l’AFPA observe que les métiers évoluent plus vite que les référentiels de formation et milite pour une adaptation des compétences aux évolutions technologiques et aux nouveaux modèles économiques. Dans le même esprit, l’AFPA invite les fabricants français à ne pas chercher à concurrencer les grands producteurs mondiaux sur les volumes, mais à se concentrer sur les segments à forte valeur ajoutée.

