Le financement du vélo avance, la sécurité recul

FUB

Le vote de la loi-cadre sur les transports au Sénat envoie un signal pour le moins ambivalent sur la place du vélo en France. D’un côté, une avancée attendue : le texte adopté le 28 avril réintègre le vélo dans les futures lois de programmation des infrastructures. Une reconnaissance importante, qui ouvre la voie à des investissements pluriannuels pour développer des aménagements cyclables, alors que près de 40.000 km font toujours défaut sur le territoire. Mais cette progression est contrebalancée par un recul jugé préoccupant par les acteurs de la filière. En modifiant l’article L228-2 du code de l’environnement, le Sénat affaiblit une règle clé en matière de sécurité : l’obligation d’intégrer des aménagements cyclables lors de travaux de voirie. En la renvoyant au niveau réglementaire, le dispositif devient plus fragile et potentiellement contournable. Concrètement, cela pourrait se traduire par des aménagements a minima, marquages au sol ou simples limitations de vitesse, loin des infrastructures sécurisées attendues par les cyclistes. Dans un contexte où la mortalité à vélo a augmenté en 2025 et où seuls 4 % des routes sont aujourd’hui aménagés, le risque est réel : freiner la pratique et accentuer le sentiment d’insécurité. Pour la FUB, le message est clair : le développement du vélo ne peut se faire sans garanties solides sur la sécurité. La fédération appelle à rétablir l’article L228-2 dans sa version actuelle et à fixer une trajectoire budgétaire ambitieuse pour combler le retard. « Cette loi envoie ainsi un signal contradictoire. D’un côté, l’État reconnaît la nécessité de mieux financer les infrastructures cyclables ; de l’autre, il fragilise les obligations qui garantissent leur réalisation effective. Comment atteindre les objectifs du Plan Vélo national dans ces conditions ? La FUB salue l’engagement des sénateurs qui se sont mobilisés pour intégrer le vélo dans la programmation des infrastructures et porter avec force les enjeux cyclables dans le débat parlementaire. Mais elle appelle à corriger sans délai les dispositions qui fragilisent la sécurité des cyclistes dans la suite du parcours législatif », indique la FUB dans son communiqué.